Labels biologiques, lequel choisir ? Du plus permissif au plus exigeant. A qui accorder sa confiance ?

En France, nous avons la chance de posséder un patrimoine gastronomique extraordinaire. L’art culinaire est quelque chose que nous avons dans le sang, c’est un pilier fondamental de notre culture. Plus que cela, nous disposons des normes parmi les plus strictes au niveau européen ainsi que mondial. C’est le cas notamment dans le domaine de l’agriculture biologique. Il existe de nombreux labels qui permettent de certifier la qualité et la traçabilité des différents produits sur le marché. Cependant, on n’y voit pas toujours clair dans ce dédale de réglementations. Combien il y a-t-il de labels viables ? Quels sont les meilleurs labels ? Quelles caractéristiques présentent-ils ?

Ce sont souvent ces questions que nous nous posons en tant que consommateur avisé. Je vais donc faire le point avec vous.

 

Le label Agriculture biologique (AB) bientôt complètement remplacé par le label bio européen 

A la base le label Agriculture biologique (AB) est d’origine française. Il a été créé en 1985. Il est la propriété du ministère de l’Agriculture, qui l’attribue aux producteurs qui en font la demande après certification par les organismes compétents, Ecocert, Agrocert, par exemple.

Quelles sont les caractéristiques ?

Au niveau de la culture :

Garantie sans pesticides chimiques.

Sans traitements chimiques après récolte.

Sur le plan de l’élevage :

Une alimentation sans pesticides chimiques, et quasi essentiellement composée de céréales. Cette alimentation n’est pas forcément produite sur l’exploitation : elle peut provenir d’autres exploitations biologiques de la même région.

Un recours limité aux traitements vétérinaires et aux médicaments. Par exemple, les poules pondeuses peuvent recevoir un maximum de trois traitements antibiotiques par an, les poulets de chair un seul.

Le bien-être des animaux garanti par un espace minimal et un accès au plein air.

 

Bon à savoir !

Depuis le 1er janvier 2009 ses critères sont alignés sur le label bio européen moins contraignant que le label AB initial et autorisant notamment la présence de traces accidentelles d’OGM à hauteur de 0.9%.

Les engagements induits par l’utilisation du logo AB sont désormais exactement les mêmes que ceux du logo européen. Si le logo AB lui-même ne disparaît pas, c’est parce que le règlement européen autorise la coexistence des sigles.

 

 

 

Le label européen 

 

Résultant d’un nouveau règlement européen pour la création du logo, ce sigle est obligatoire depuis le 1er juillet 2010.

Tous les produits vendus en Europe qui se veulent être issus de l’agriculture biologique doivent faire figurer le logo européen.

Dans tous les cas où il est utilisé, doit être précisé l'indication du lieu de production des matières premières agricoles composant le produit, c'est-à-dire, «Agriculture UE», «Agriculture Non UE» ou «Agriculture UE/non UE».

Le règlement entré en vigueur en janvier 2009 harmonise les conditions de production en agriculture bio.

Le label européen est accordé après certification par des organismes indépendants comme Aclave, Agrocert, Ecocert… Un contrôle doit être effectué au moins une fois par an.

 

 

D’autres labels :

 

Le label Equitable Ecocert 

Ce logo commence à apparaître sur des produits à la fois bio et équitables.

Le logo Equitable Ecocert garantit la conformité des produits au cahier des charges Equitable, solidaire et responsable (ESR), élaboré et contrôlé par le groupe Ecocert.

Quelles sont les caractéristiques ?

Les produits ESR doivent tous porter le label bio européen.

Tous les produits sont réalisés de façon équitable : respect des travailleurs, rémunération juste, interdiction du travail des enfants... Le cahier des charges préconise aussi la mise en place d’un fonds social pour accompagner des producteurs, l’établissement de relations de longue durée, la possibilité de financements...

 

Il instaure également des règles pour limiter l’emballage et le transport jusqu’au consommateur final.

Deux mentions peuvent figurer sur l’étiquette :

«Produits alimentaires équitables ESR» : 95 % au moins des ingrédients ou matières premières sont issus des filières ESR.
«Produits alimentaires contenant des ingrédients équitables ESR» : 25 % d’ingrédients ou matières premières sont issus de filières ESR.

 

Le label Demeter

Demeter et Biodyn, sont des labels de l’association Demeter, ils font références successivement aux fermes converties à l’agriculture biodynamique et celles en conversion.

S’inspirant des réflexions de Rudolf Steiner, le mouvement de la biodynamie est apparu au début du siècle face aux premiers effets nuisibles de l’agriculture productiviste.

L’idée fondamentale est que l’activité d’une ferme sera d’autant plus productive et équilibrée si elle sait profiter des énergies qui imprègnent ce lieu.

Le cahier des charges de Demeter s’appuie sur le socle fourni par le label européen, mais demande aux producteurs de respecter un certain nombre de caractéristiques supplémentaires.

Quelles sont les caractéristiques ?

L’utilisation de préparations naturelles spécifiques destinées à «vivifier» la terre.

Une correspondance avec les flux énergétiques du sol et les astres.

La limitation de la taille des exploitations.

La réutilisation maximale des matières premières du processus de fabrication (déchets végétaux et animaux).

Quelles procédures de contôle?

La première année, l’association prend la responsabilité de contrôler les producteurs qui désirent participer à la biodynamie. Les années suivantes, des certificateurs officiels comme Ecocert contrôlent sur la base du cahier des charges de Demeter et de celui du label européen au cours de la même visite.

 

L’émergence de normes plus strictes 

Comme nous l’avons  vu, le label européen est devenu un standard en matière de certification biologique. Mais certains acteurs du marché des produits issus de l’agriculture ne sont pas satisfaits de ces normes. Cette réaction a donné naissance à des labels aux caractéristiques plus strictes que celui du label européen.

Voici les 2 principaux !

 

Le label Nature & Progrès

Le logo Nature & Progrès est plus exigeant en matière biologique que le règlement européen. Les produits estampillés Nature & Progrès peuvent afficher le logo européen, ou non.

Quelles sont les caractéristiques ?

Ils dépassent les critères européens sur plusieurs points :

On a une conversion totale de l’exploitation en bio.

Une alimentation 100 % bio en priorité sous mention Natures & Progrès.

L’interdiction totale des OGM.

Un souci de l’environnement extérieur : pas de ferme à moins de 500 m de grandes voies routières ou à proximité d’exploitations agricoles polluantes ; un aménagement du domaine afin de préserver les ressources collectives (nappes phréatiques, etc.).

 

Quelles sont procédures de contrôle ?

L’association Nature & Progrès fustige les mécanismes de certification réalisés par des organismes extérieurs parce qu’ils sont chers. Elle veut  renforcer le lien des agriculteurs avec celui des consommateurs, Nature & Progrès a donc œuvré pour un système participatif de garantie.

Les contrôles annuels sont effectués par un groupe de membres de l’association, il s’agit d’individus différents tous les ans ; c’est soit des agriculteurs soit des consommateurs.

 

Le label Bio Cohérence

Dénonçant les nouveaux critères fixés par l’UE en matière d’agriculture bio, un certain nombre d’acteurs de la filière ont décidé de créer leur propre label : Bio Cohérence.

Parmi eux, la Fédération nationale d'agriculture biologique, les éleveurs bio de France, ainsi que les magasins Biocoop.

Réunis au sein de l’association Alternative Bio 2009, ils proposent un cahier des charges plus exigeant que celui décidé par l’Europe.

Sur beaucoup de sujets, ce cahier des charges revient aux critères qui étaient en vigueur dans l’ancien règlement français. Selon les fondateurs du label Bio Cohérence, le règlement français, abandonné avec le passage au nouveau texte européen, correspondait davantage à l’esprit de l’agriculture bio.

Quelles sont les caractéristiques ?

En plus des critères européens, Bio Cohérence impose des engagements spécifiques :

Pas de coexistence bio/non bio. Les activités de la ferme doivent être soit bio soit en conversion vers le bio.

Au moins 50 % des aliments pour les animaux doivent être produits sur la ferme, 80 % pour les herbivores. Bio Cohérence conserve le principe du lien au sol qui a disparu avec le label européen.

Une interdiction totale de traces d’OGM.

Il faut 100 % d’ingrédients bios dans les produits transformés.

Les traitements vétérinaires autorisés sont plus restreints qu’avec le label européen : par exemple, les poulets de chair ne peuvent recevoir aucun traitement allopathique, les poules pondeuses seulement deux.

Qui contrôle ?

Bio Cohérence demande aux agriculteurs qui souhaitent disposer du label de passer par un organisme certificateur extérieur.

 

Que conclure ?

Aucun label n’est parfait même si il en existe des plus strictes que le label européen. Je pense notamment au label Bio Cohérence. Il faut néanmoins souligner que les labels apportent un gage de qualité supplémentaire et sont essentiels pour la certification biologique. L’exigence des consommateurs est croissante, et je crois que de nouveaux labels vont voir le jour d’ici ces prochaines années. La population se sent de plus en plus concernée par le sujet. Les producteurs sont de plus en plus sensible également… Parfois pour eux un label de certification est trop onéreux, mais comme je l’ai déjà évoqué des alternatives naissent. Des solutions moins chères émergent.

Il est sure que le label européen comporte certaines failles ; si vous êtes plus sélectifs vous vous rabattrez sans doutes sur d’autres labels… vous avez en tout cas sous vos yeux le résumé le plus synthétique… il ne reste plus qu’à faire son choix !

William Finck

Lu 4455 fois Dernière modification le vendredi, 19 septembre 2014 02:41

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