Manger des insectes, ça vous tente ?

Même si la viande devient de plus en plus chère, je suis sure que vous ne troquerez pas votre plaisir contre une poignée d'insectes bien craquants.

Et pourtant, L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture fait le pari sur l’élevage des insectes pour réussir à nourrir la planète.

 

Au sein des sociétés occidentales (en Amérique du nord ou en Europe), évoquer le sujet de manger des insectes risque de vous faire passer pour un fou.

 

J'en ai fait l'heureuse expérience auprès de ma famille et mes amis. J'ai voulu tester le concept, je me suis pris la marée montante en pleine face. Ce que je redoutais s'est passé ! Que dire de plus ? Je déteste les gens qui critiquent alors qu'ils n'ont jamais vécu ou réalisé leurs propres expériences.

 

 

Pour vous raconter la petite histoire, j'étais en Colombie en vacances. Bref, j'ai voyagé en bus, relié plusieurs villes, je m'arrêtais souvent. Un jour, j'ai fait une halte dans une bourgade au nom de Barichara (magnifique cité coloniale au passage), c'était fin d'après midi, je n'avais quasiment pas mangé de la journée. J'arpente ces ruelles au délicieux parfum chargé d'histoires et de légendes, quand soudain une voix forte vient me sortir de mes turpitudes... elle éveille ma faim qui était jusqu'à là noyée dans mes errances. Je tourne la tête, regarde le jeune homme d'un air ahuri : il tenait un récipient avec des genres de boules noires à l'intérieur : il me propose d'entrer dans son restaurant.

 

Au vu du prix annoncé et de mon ressenti, je me suis dit pourquoi pas, je me laisse tenter. Allons y ! Je pénètre jusqu'au hall, et là, quelle fut ma surprise, quand j'entends le mot "hormigas" émanant de la bouche d'un serveur. Je m'assoie, je le questionne. Il m'explique qu'ici la spécialité culinaire ce sont les "Hormigas Culonas". Correctement traduit, ça donne les fourmis à gros culs... avouez que ça provoque directement un drôle d'effet et pas des plus bandants pour les papilles !

Pourtant, j'ai fait le saut orgasmique odacieux... je commande donc un plat de ces fourmis noirs aux fessiers énormes comme des lunes obscures, le résultat fut détonnant : encore un tabou brisé, j'ai bien aimé mangé ces insectes... je n'ai pas trouvé cela dégueulasse, au contraire ! William mange maintenant des fourmis, qui l'aurait cru un jour !

 

 

Sur ce coup là, on peut affirmer qu'ignare je le suis, car ça fait des siècles qu'en Asie, en Afrique ou en Amérique latine que des personnes complètent leur alimentation avec des insectes. Elles seraient plus de 2 milliards environ.

Il faut savoir qu'il existe plus de 1900 espèces d’insectes comestibles qui sont consommées à travers le monde. D'ailleurs, ce nombre croît chaque année grâce à la recherche dans le domaine. Les insectes les plus populaires sont les coléoptères, les chenilles, les abeilles, les fourmis (et pas seulement celles à "gros culs"), les sauterelles, les criquets et les grillons... et puis j'en passe...

 

 

Des nouvelles problématiques et des nouveaux enjeux : suffisance alimentaire et préservation de l'écosystème.

 

 

Si l’on souhaite nourrir les 9 milliards de personnes qui seront sur la Terre en 2030, il faudra nécessairement passer par un élevage accru de sources de protéines. Comparativement aux autres animaux, les insectes constituent une excellente option pour l’élevage.

Pour produire 1 kg de bœuf, il faut le 8 kg d’aliments. Pour produire 1 kg d’insecte, seulement 2 kg d’aliments sont nécessaires. La production est donc beaucoup plus performante.

Comparativement aux porcs, l’élevage d’insectes produit de 10 à 100 fois moins d’émission de gaz à effets de serre.

Les insectes ont besoin proportionnellement de moins d’eau que les autres animaux et peuvent se nourrir des déchets organiques.

Autre avantage, ils sont non seulement une source de protéines de qualité, mais sont également riches en oméga-3 et en fibres!

Enfin, les insectes sont très loin de nous, ils présentent de très faibles risques de transmettre des maladies. Ce qui n'est pas le cas du boeuf (scandale de la vache folle) ou des oiseaux (grippe aviaire).

 

 

Manger des insectes : des barrières psychologiques ?

 

 

Comme le souligne la FAO, la plus grande barrière à la consommation des insectes est certainement le dégoût que plusieurs personnes ressentent à leur égard. Même s’ils sont grillés et assaisonnés, ça reste difficile pour plein de gens !

Il me semble cependant que le phénomène va s'amplifier ; face à la surpopulation, l'impossibilité de répondre à l'augmentation constante de la demande en viandes, les insectes vont se présenter comme une alternative intéressante. On les verra sans doute sous forme de poudre, dans des préparations pour pâtes, et non tels quels dans un premier temps !

 

L'élevage intensif, notamment bovin, la viande clonée, les OGM, les maladies posent de sérieux problèmes sanitaires et sociétaux !

J'adore la viande (je mange une bonne viande rouge de temps en temps, et plusieurs fois par semaines de la viande blanche) mais je prends aussi acte des enjeux, de leur importance. Mon expérience m'a permis d'être plus sensible et ouvert vis à vis de ces questions.

Si dans les années futures, manger des insectes se démocratise, cela pourrait devenir une source protéiniques majeure complémentaire à celle de la viande !

 

 

William Finck

Lu 3508 fois Dernière modification le mercredi, 27 août 2014 19:17

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