Rapamycin, l'un des deux médicaments anti-vieillissement prometteur : De quoi s'agit-il ?

Parmi les nombreux produits s’intéressant au vieillissement et à l’allongement de la durée de vie, il en est un qui focalise bien des espoirs, il s’agit de la rapamycine. Découverte dans le sol de l'île de Pâques dont elle tire son nom, (Rapa Nui, nom indigène de l’île), utilisée chez les personnes transplantées en prévention des rejets d’organes, c’est l’un des cinq médicaments ayant prolongé la durée de vie de souris dans les études. Approuvé par la FDA (Food and Drug Administration).

 

Les recherches

A Seattle, des scientifiques qui étudient le vieillissement, font actuellement des tests sur les effets de la rapamycine, sur un groupe de 20 chiens, âgés de plus de 6 ans.

La façon dont ce médicament fonctionne n’est pas encore vraiment élucidée.

Il a été utilisé pendant des années pour prévenir le rejet d’organes transplantés et il a permis d’allonger la durée de vie de certaines espèces comme la mouche des fruits, les vers et les souris.

 

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En cas d’effets positifs de ce médicament sur les chiens, les volontaires humains en bonne santé seront sans doute les prochains cobayes !

Si les chercheurs ne maitrisent pas encore complètement les effets de ce produit, ils en ont, néanmoins découvert quelques effets secondaires, soulevant ainsi des questions quant à son utilisation dans la prévention des maladies chroniques liées au vieillissement.

 

Pas à pas

Certains effets secondaires sont déjà connus : à des doses élevées, la rapamycine peut augmenter la glycémie et le risque de diabète.

Il peut également provoquer des lésions buccales, type aphtes.

Les chercheurs craignent que, parce que la rapamycine fonctionne bien dans le cas d’un cocktail immunosuppressif pour les  transplantations d’organes, il augmenterait le risque d’infection !

Mais une étude en 2014 a démontré  qu’un dérivé du médicament semblait renforcer l’immunité humaine à la suite d’un vaccin contre la grippe.

Si les scientifiques ne comprennent pas encore bien pourquoi la rapamycine supprime le système immunitaire dans certains cas et pas dans d’autres, par contre, ils commencent à comprendre comment cela pourrait ralentir le processus du vieillissement. Encourageant !

Toujours dans le cadre des effets secondaires, dans une étude publiée en ligne, les chercheurs de l’Institut Buck en Californie, ont découvert de nouvelles perspectives sur la façon dont la rapamycine inhibe la mTOR (voie de signalisation des nutriments).  

 

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Précisons que  la mTOR  est une voie complexe qui joue un rôle essentiel dans la régulation de la croissance cellulaire et organismique.

Cette constatation  pourrait fournir un moyen d’éviter, voir d’éliminer les effets secondaires du médicament.

Brian Kennedy, président de l’Institut Buck, déclare  « notre espoir est que ce travail facilite le développement de thérapies qui peuvent être testées chez l’homme. Il n’y a aucun doute quant à l’efficacité de la rapamycine sur la souris ».

 

Des pistes très encourageantes

Au fil du temps, les cellules sont dégradées par plusieurs facteurs : ADN endommagé, inflammation excessive…Cette dégénérescence ne peut, malheureusement, pas être complètement arrêtée, mais les chercheurs ont trouvé un nombre surprenant de façons de ralentir le vieillissement dans les cellules de levure et autres êtres vivants et le dénominateur commun serait la restriction calorique !

En effet, si vous coupez un peu l’approvisionnement alimentaire, il se passe une série de changements biochimiques qui met le corps dans une sorte de vitesse inférieure, un ralentissement en quelque sorte.

 

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La rapamycine et les autres médicaments qui semblent ralentir le vieillissement chez les animaux agissent en déclenchant la même voie biochimique que la restriction calorique.

En fait, l’idée avec les médicaments, serait de tromper le corps en agissant comme s’il était à court d’énergie et de le pousser à faire plus d’effort pour sa survie à long terme.

Jay Olshansky, professeur de santé publique à l’Université de l’Illinois et grand pourfendeur des produits non-testés vendus au public, est très optimiste concernant les travaux sur la rapamycine et sur la metformine (anti diabétique, donnant de bons résultats sur le processus du vieillissement).

 

Quelques déceptions…

 

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Certains centres de recherche ont misé sur l’étude du resvératrol, un polyphénol présent dans le vin rouge qui semblait porteur d’espoir mais jamais personne n’a été en mesure  de démontrer un lien entre resvératrol et durée de vie humaine.

Steven Austad, chercheur à l’Université d’Alabama-Birmingham, a étudié des dizaines d’espèces pour comprendre pourquoi certaines baleines vivaient jusqu’à 200 ans. Sans véritables résultats pour le moment.

 

…Mais tous les espoirs sont permis

Un certain nombre de chercheurs sont optimistes concernant la rapamycine puisque ce médicament a prolongé la vie de souris de 9 à 14%.

 

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 Cela a permis également d’empêcher des dommages cardiovasculaires et la perte de mémoire.

Tout  laisse à penser que cette rapamycine pourrait prolonger la période pendant laquelle les gens sont en bonne santé.

La seule autre substance qui a véritablement suscité autant d’engouement auprès des spécialistes du vieillissement est la metformine, un antidiabétique.

Bien que modestes sur les souris, il a donné des résultats prometteurs sur les humains.

 

En conclusion

Il reste évidement  beaucoup à faire dans le domaine de la recherche sur le vieillissement. Travail sur les doses à distribuer, les âges appropriés pour recevoir ces traitements…

Nous aurons peut-être plus d’indices et de résultats dans trois ou quatre ans grâce aux chiens de Seattle !

 

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Recherche est affaire de patience et de persévérance !

 

 

Lu 1713 fois Dernière modification le samedi, 26 mars 2016 19:34

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